Solutions pour la sécheresse vaginale à la ménopause

Lors de la périménopause et de la ménopause et même avant, les femmes peuvent connaître la sécheresse vaginale avec des brûlures, démangeaisons, irritations.
Cela peut parfois conduire à des infections gynécologiques et peut perturber l’envie de sexualité.
Quelles sont les solutions ?

La ménopause arrive en moyenne à 51 ans. Avant cela, la femme connait une période de plusieurs années, appelée la périménopause ou préménopause, où la diminution des hormones féminines entraîne toutes sortes de symptômes comme les bouffées de chaleur, les suées nocturnes mais aussi la sécheresse vaginale.
La vulve et le vagin deviennent plus minces, irrités et fragiles ce qui peut entraîner aussi bien des infections que des difficultés lors des rapports sexuels.
Alors quelles sont les solutions ?

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (Sgum)

La baisse des œstrogènes entraîne un amincissement des parois vaginales, moins élasticité et de lubrification ce qui a pour conséquence la sécheresse vaginale, des brûlures ou démangeaisons, des relations sexuelles douloureuses des infections des voies urinaires et l’incontinence urinaire.
Cela peut affecter la qualité de vie, l’estime de soi et les relations avec son partenaire.
Autrefois on parlait d’atrophie vulvo-vaginale. Aujourd’hui les médecins parlent de syndrome génito-urinaire de la ménopause (Sgum).
Votre gynécologue peut vous aider à trouver des solutions pour améliorer votre qualité de vie.

Comment fonctionne lubrification du vagin ?

Au fond du vagin, la muqueuse du col utérin produit un liquide hydratant qui nettoie les parois des cellules mortes et des éventuelles bactéries. À l’entrée du vagin, on trouve d’autres glandes qui vont humidifier la vulve et les petites lèvres.

Les conséquences de sécheresse intime chez la femme

On trouve souvent ces symptômes chez la femme ménopausée mais ils peuvent aussi concerner des femmes plus jeunes. La sécheresse vaginale peut être repérée grâce à un examen gynécologique.

  • Démangeaisons
  • Irritations
  • Sensation de brûlure au niveau du vagin
  • Augmentation des infections gynécologiques : le liquide lubrifiant est moins abondant, mais aussi moins efficace contre les bactéries et les germes.
  • Infection urinaire
  • Dyspareunie : la sécheresse vaginale peut entraîner des douleurs lors des rapports sexuels avec pénétration. Irrité par les frottements, le vagin peut être amené à saigner.
  • L’atrophie vulvo-vaginale : après la ménopause, le vagin peut diminuer en taille et perdre de son élasticité
  • Inconfort pendant les rapports sexuels
  • Baisse de la libido : ces troubles peuvent impacter la libido, causer des frustrations chez la femme et dans son couple.

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Les causes de la sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale peut avoir plusieurs causes :

A la périménopause et après la ménopause, le taux d’œstrogènes diminue ce qui entraîne moins de lubrification et peut causer une sécheresse vaginale plus ou moins prononcée en fonction des femmes.
La vulve et les parois vaginales plus fines et moins élastiques. Des fissures peuvent se former, laissant pénétrer les bactéries. L’orifice vulvaire et le canal vaginal rétrécissent. Il peut y avoir aussi un déséquilibre de la flore vaginale.

Certains médicaments comme les antidépresseurs qui agissent au niveau du cerveau peuvent avoir un impact sur la sécrétion hormonale et donc avoir une conséquence sur la sécheresse vaginale.
Les notices de médicaments indiquent qu’ils peuvent assécher la bouche ou le nez. Il y a des chances que ce soit aussi le cas du vagin. C’est le cas les traitements hormonaux après le cancer du sein, des antihistaminiques contre les allergies, des médicaments contre l’acné ou le rhume, des diurétiques.

Avec l’âge, l’afflux sanguin peut diminuer dans les organes génitaux. Or, la circulation sanguine joue également un rôle dans la lubrification puisque les tissus du vagin sont plus irrigués lors de l’excitation sexuelle.

Surprenant ! La consommation de tabac a un effet sur votre vagin car la nicotine est vasoconstrictrice et l’alcool déshydrate les muqueuses.

Une hygiène intime trop agressive peut affecter les muqueuses.

L’épilation intégrale car faute de poils pour protéger la peau des frottements, une zone vulvaire glabre devient facilement plus sèche et irritable.

L’incontinence urinaire peut provoquer des irritations et une infection.

Solutions pour la sécheresse vaginale à la ménopause

Sécheresse vaginale et lubrification lors des rapports

Après la ménopause la lubrification vaginale est souvent plus lente à venir.
Le stress, la fatigue, des difficultés dans le couple mais aussi l’appréhension peuvent avoir un impact sur la lubrification. Si une femme a eu mal lors d’un rapport, elle risque de redouter de souffrir à nouveau.
En ayant moins de désir, la lubrification naturelle diminue. Il peut être difficile d’en parler avec son partenaire, le sexe devient tabou et les relations sexuelles deviennent plus rares.

livre ménopause

Les traitements de la sécheresse vaginale

Les lubrifiants sont une solution d’appoint. En cas de sécheresse vaginale chronique, il faudra consulter votre gynécologue pour un traitement sur la durée.
Il faut parfois essayer plusieurs traitements avant de trouver le bon.
Attention, les préliminaires sont indispensables pour vous aider dans vos rapports.

Les lubrifiants (gels, crèmes) s’appliquent avant et pendant le rapport sexuel. Ce sont des traitements sans ordonnance pratiques si la sècheresse vaginale est temporaire.
Les gels reproduisent les sécrétions féminines naturelles et améliorent le confort pendant le rapport. Ils permettent de ne pas endommager davantage les muqueuses vaginales
Les lubrifiants à base d’eau, de silicone ou de glycérine ont une courte durée d’action. Ceux à base d’acide hyaluronique ou d’aloé vera durent souvent plus longtemps, peuvent être appliqués une heure ou deux avant le rapport et ont une action hydratante et apaisante.
Certaines utilisent de l’huile de coco. Attention, celle-ci n’est pas à utiliser avec des préservatifs. Il faut la choisir vierge, non désodorisée.

Les hydratants vaginaux
 (ovules, crèmes, gels) s’appliquent au fond du vagin et ont une plus grande durée d’action que les lubrifiants. Ce sont par exemple des ovules d’acide hyaluronique à utiliser deux ou trois fois par semaine pour lubrifier l’intérieur du vagin. Il faut maintenir le rythme pour qu’ils soient efficaces. Vous pouvez appliquer la crème avec une seringue pour aller plus loin.

La prise d’œstrogènes par voie vaginale
: ce sont des crèmes, anneaux ou ovules qui libèrent des hormones au niveau des parois du vagin, ce qui va aider à soulager la sécheresse vaginale dans le temps et les rapports sexuels douloureux.
Ils sont souvent plus efficaces qu’un hydratant vaginal.
L’anneau vaginal a l’avantage de ne pas couler contrairement à un ovule. sa durée est de trois mois.
Ces traitements sont contre-indiqués en cas de cancer hormonodépendant.

Le traitement hormonal substitutif (THS) peut soulager les femmes avec de nombreux symptômes de la ménopause comme les bouffées de chaleur, la fatigue et notamment la sécheresse intime. Cela n’est possible qu’en l’absence de contres indications.

Les canules permettent d’améliorer la lubrification vaginale plus en profondeur que les lubrifiants.

Des injections intra-vaginales d’acide hyaluronique peuvent aider celles qui souffrent de sécheresse installée. On applique un gel anesthésiant puis le médecin fait une injection d’acide hyaluronique qui va réhydrater la muqueuse. L’effet dure 8 mois et la séance n’est pas remboursée.

Le laser vaginal quel’on appelle aussi laser gynécologique ou laser CO2 fractionné (appelé Mona Lisa Touch). C’est indiqué en cas d’atrophie vaginale ou pour des femmes qui suivent ou ont suivi un traitement anti-cancer hormono-dépendant.
La réjuvénation vaginale consiste à régénérer les cellules vaginales. Le médecin place un tube au fond du vagin qu’il va retirer progressivement. Le laser retire les muqueuses déshydratées qui recouvrent la paroi vaginale. La muqueuse du vagin produit alors plus de collagène, d’acide hyaluronique et des fibres élastiques.
Il faut quatre séances qui ne sont pas prises en charge par l’assurance maladie. Il faudrait faire ensuite un traitement annuel. 15% des femmes n’auraient pas de résultats.

La prévention au quotidien

Les sous-vêtements
Au quotidien, privilégiez les culottes en coton. Si votre culotte est humide, changez-la en cours de journée.
Réservez le string en matière synthétique pour une soirée en amoureux.
Dormez sans culotte.

Evitez les produit parfumés
Savons, protège slip, déodorant pour l’hygiène intime, lingettes et papier toilette.

La toilette intime
Un gant de toilette  peut contenir des germes. Lavez-vous avec vos mains.
Choisissez un nettoyant doux comme un gel nettoyant surgras au pH physiologique proche de 5 qui préservera la flore. Oubliez le savon de Marseille trop desséchant.
Veillez à bien vous sécher.
Si vous êtes vraiment très irritée, lavez les côtés de la vulve près des cuisses (là où vous transpirez) et passez juste de l’eau sur la vulve. Voyez si cela vous convient mieux.

Ne pas faire de douche vaginale
Il n’est pas nécessaire de nettoyer son vagin qui est autonettoyant. La douche vaginale perturbe la flore. Vous risquez plus d’avoir des infections et d’aggraver la sècheresse.

Uriner après les rapports
Cela permet de chasser les bactéries hors de l’urètre et d’éviter les infections urinaires.

Hydratez la vulve
Comme vous hydratez votre visage et votre corps, il faut aussi hydrater cette partie de votre corps.
L’aloé vera est un hydratant naturel sous forme de gel 100% à appliquer sur la vulve. Il faut le choisir bio et, de préférence, sans excipients. 
La Centella Asiatica a des propriétés réparatrices et cicatrisantes, notamment en cas de sécheresse cutanée. Vous pouvez l’appliquer sous forme d’huile sur la vulve.
L’huile de coco.
Comme pour votre visage, je vous conseille de mettre d’abord un hydratant puis une huile.

Préférez des vêtements amples
Evitez si possible les vêtements qui vous serrent, surtout l’été.

Les huiles
L’huile de bourache
Les solutions naturelles peuvent être une solution à court terme le temps de mettre autre chose en place avec votre médecin. L’huile de bourrache a la réputation de favoriser l’hydratation de la peau. Riche en oméga-6, elle aurait également une action sur l’hydratation des muqueuses. Elle est déconseillée aux personnes ayant eu un cancer hormono-dépendant (cancer du sein, des ovaires, de l’utérus). Vous pouvez la prendre sous forme de gélules par voie orale ou en application locale (intra-vaginale) pendant deux mois. Elle n’est pas compatible avec le préservatif.
L’huile de millepertuis
Elle a des propriétés hydratantes, antibactériennes, cicatrisantes et antalgiques. On peut l’appliquer en interne et en externe avec les doigts. Elle peut être efficace après un rapport douloureux. Elle est compatible avec le préservatif. Il faut consulter votre médecin en cas de traitement anti-cancéreux.

Les acides gras omega-3

Ils renforcent l’hydratation des muqueuses. On les trouve dans les poissons gras, les algues, l’huile de lin, le germe de blé ou sous forme de supplément.

Des Oméga 7
Ils sont présents dans les noix de macadamia, les avocats et la baie d’argousier.

Les probiotiques
Les antibiotiques peuvent perturber la flore intestinale mais aussi provoquer des sécheresses vaginales. Il peut être intéressant de faire une cure de probiotiques.

Pensez aussi aux légumes fermentés
Comme le kimchi par exemple apporte beaucoup de probiotiques naturels qui équilibrent la flore intestinale et activent le système immunitaire.

Eviter les serviettes et tampons
Les serviettes hygiéniques jetables risques de favoriser les irritations et les mycoses. Le tampon peut assécher votre vagin.
Privilégiez les serviettes réutilisables en tissu et la cup en silicone médical.

Limiter la piscine
Vous n’y attraperez pas de mycose mais le chlore peut être irritant. Si possible essayez de vous rincer après.

En vacances, changez de maillot
A la plage ou à la piscine, évitez de garder votre maillot mouillé.

Avoir des rapports réguliers
Avoir une activité sexuelle régulière permet d’augmenter la vascularisation vaginale et entretient la souplesse des tissus.
Le désir se prépare. Ayez des attentions l’un envers l’autre, partez en week-end, faîtes une activité ensemble, organisez un dîner, utilisez des sextoys. Le clitoris ne vieillit pas !

Réduire le stress
Le sujet est vaste ! Certaines femmes peuvent souffrir de sècheresse vaginale lorsqu’elles sont stressées. Essayez la méditation, le yoga ou un sport pour vous défouler.

Parlez-en avec votre compagnon
Ces gênes peuvent devenir compliquées à gérer. Parlez-en afin que cela ne devienne pas une source de stress et de tension.
Un sexologue pourra éventuellement vous aider à mettre des choses en place notamment pour vous, votre couple. Cela peut beaucoup vous aider notamment dans l’estime de soi.

N’hésitez pas à consulter

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause et ses symptômes sont normaux. Sans traitement votre inconfort peut s’aggraver.
Parlez-en avec votre médecin et n’oubliez pas qu’il faut parfois tester plusieurs solutions pour trouver ce qui vous conviendra le mieux.
Si votre gynécologue n’est pas disponible, vous pouvez être conseillée par une sage-femme.

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Photos : Viktoria Slowikowska, Cliff Booth, Sora Shimazaki

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