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47,50 euros pour un rendez-vous prévu sur 45 à 60 minutes : c’est ce décalage qui a fait monter la colère autour de la future consultation ménopause. Des syndicats de généralistes ont parlé de « travailler à perte ». Un mot fort, qui dit bien le nœud du problème.
La question est simple : si cette consultation doit être longue, cadrée et dédiée aux femmes de 45 à 65 ans, son tarif peut-il suivre ? Le débat s’est tendu sur ce point. Le montant proposé ne convainc pas une partie de la médecine générale.
Une consultation pensée pour durer, mais affichée à 47,50 euros
La nouvelle consultation « ménopause » a été proposée à 47,50 euros. Ce tarif a été présenté comme un tarif opposable, avec une mise en place via une nouvelle cotation RMO.
Sur le papier, l’idée répond à une demande bien identifiée : créer une consultation longue, dédiée à une période de vie souvent mal accompagnée. Mais le cahier des charges cité par les syndicats annonce 45 à 60 minutes. Le montant cristallise alors la crispation.
On ne parle pas d’un rendez-vous expédié. Les syndicats décrivent au contraire un « acte très complexe ». Donc un temps médical long, avec une charge qui ne ressemble pas à une consultation standard.
Pourquoi le mot « travailler à perte » a pris autant de place
Quand des représentants de généralistes utilisent l’expression « travailler à perte », ils contestent l’équilibre entre le temps demandé et la rémunération proposée.
Le Dr Richard Talbot résume le point de friction en une phrase : « le cahier des charges, c’est 45 à 60 minutes ». La durée attendue n’est pas une impression floue. Elle figure dans le cadre même de cette consultation.
Cela change la lecture du débat. Si l’acte est long et présenté comme complexe, un tarif aligné sur une autre consultation peut être perçu comme trop bas. C’est le cas pour ceux qui devront le réaliser au cabinet.
Le parallèle avec la CCP ne calme pas la contestation
Le montant de 47,50 euros a été aligné sur celui de la CCP, la consultation de contraception et de prévention. C’est un repère tarifaire clair, mais il n’a pas suffi à convaincre les syndicats.
Le reproche tient en peu de mots : l’alignement ne règle pas la question du contenu réel de la consultation ménopause. Si vous regardez la réaction des généralistes, ils discutent un barème et ce que ce barème est censé payer.
Pour eux, une consultation longue ne peut pas être traitée comme une simple équivalence comptable. Surtout si le cahier des charges attend un rendez-vous de 45 à 60 minutes.
Le seuil demandé par les syndicats
Les syndicats réclament 60 euros pour cette consultation. Le Dr Luc Duquesnel, président du syndicat Généralistes-CSMF, l’a formulé sans détour : « une consultation longue, ça devrait être 60 euros ».
La contestation ne porte pas sur le principe d’une consultation dédiée à la ménopause. Elle porte sur le niveau retenu pour la rémunérer. Entre 47,50 euros proposés et 60 euros demandés, le désaccord est frontal.
Ce que le calendrier de juin 2026 dit de cette bataille
Les propositions pour l’avenant 1 à la convention médicale ont été présentées par la Cnam le jeudi 11 juin 2026. Les syndicats avaient jusqu’au lundi 15 juin à 16 h pour se prononcer.
Ce calendrier court aide à comprendre la virulence des réactions. Quand une mesure arrive avec un tarif déjà posé et une échéance serrée, le débat se déplace très vite sur le montant lui-même.
La future consultation ménopause n’a pas seulement été discutée sur son utilité. Elle a aussi été jugée sur sa faisabilité. Et donc sur la capacité des médecins à lui consacrer le temps demandé sans y laisser des plumes.
Une mesure déjà prévue par la LFSS 2026, mais pas encore immédiate
Cette consultation est prévue par la LFSS 2026, portée par Stéphanie Rist, ministre de la Santé mentionnée autour du dispositif. Elle vise les femmes de 45 à 65 ans, avec l’idée d’un rendez-vous spécifiquement consacré à la ménopause.
Mais entre le principe inscrit dans la loi et l’application dans les cabinets, il y a encore un délai. La FMF évoque un temps de carence d’environ 6 mois avant l’entrée en application.
Elle mentionne aussi une parution du décret d’application au 1er avril 2026. Ce point compte. Il rappelle qu’une consultation peut exister dans les textes avant d’exister vraiment dans les agendas médicaux.
Ce que cette polémique raconte de la consultation ménopause
Le paradoxe est là. La future consultation a été pensée comme un rendez-vous dédié, long, ciblé, avec une tranche d’âge définie. Donc avec l’ambition de mieux prendre en charge la ménopause.
Mais plus elle est présentée comme structurée et complexe, plus la question du tarif devient impossible à contourner. À 47,50 euros pour 45 à 60 minutes, le compte ne passe pas pour les syndicats. Ils demandent 60 euros.
Leur formule est rude, mais elle suit une logique simple : un acte long doit être payé comme un acte long.
Si vous suivez ce dossier, la dispute porte sur l’existence d’une consultation ménopause et sur sa valeur réelle au cabinet. Et c’est souvent là que se joue l’avenir d’une mesure de santé. Dans le moment où il faut la faire vivre, minute après minute, face à une patiente.

